Triptyque
Sur la présence — et sur ce qui, d'un soin,
ne s'oublie jamais.
Στοργὴ τῆς παρουσίας
l’affection naturelle de la présence
Il a déposé le guerrier à la porte.
Ce qu'il reste, quand on n'a plus rien à vaincre,
c'est cette main ouverte au-dessus d'un sommeil.
Pas pour prendre. Pas pour guérir.
Pour rester tourné vers elle,
entièrement,
comme on ne l'est presque jamais.
Au matin, elle ne saura pas nommer ce qui l'a soignée.
Ni la lumière, ni le geste — tout cela s'efface.
Restera seulement ce que l'on n'oublie jamais :
la manière dont on nous a fait sentir
que nous n'étions pas seuls.
Et si une larme vient,
elle ne pèse rien.
C'est juste le cœur qui déborde d'avoir été veillé.
C'était ça, l'énergie.
C'était quelqu'un qui a choisi de rester.
Elle n'a rien gardé pour elle.
Ce soir, c'est elle qui se penche vers un sommeil —
la même main ouverte, la même lumière basse.
Elle ne se demande pas d'où ça lui vient.
On ne se demande pas d'où vient un souffle.
Une étincelle d'argent flotte encore près d'elle,
un peu de ce qu'on lui a donné —
elle ne le retient pas.
Elle le laisse passer par sa main.
Personne ne le lui a appris.
C'était devenu, en elle,
l'instinct de rester.